L'Artiste face à l'inachevé
Vénérables,frères et soeurs... et vous toutes et tous mes Frères et mes Sœurs en vos qualités d’humains épris de PAIX,accampagnez nous vers cette inspiraration... qui questionnne tant parmi nous.. .Quand un artiste sait-il que son œuvre est terminée ?
Vénérables,frères et soeurs...
et vous toutes et tous mes Frères et mes Sœurs en vos qualités d’humains épris de PAIX,accampagnez nous vers cette inspiraration...qui questionnne tant parmi nous...Quand un artiste sait-il que son œuvre est terminée ?Cette question, en apparence simple, m’a conduit vers une autre interrogation, beaucoup plus troublante : une œuvre est-elle jamais véritablement achevée ?Le peintre peut toujours ajouter une touche.le gouvernant inspiré peut toujours,y ajouter la force de son pouvoir aquis démocratiquement afin que le peuple jouisse de la paix ,du dévellopement et de la justice...
L’écrivain peut toujours reprendre une phrase.
Le musicien peut modifier une note, un silence, un rythme.
Le sculpteur peut encore retirer un fragment de matière.le gouvernant peut toujours,et à tout instant,prêt à améliorer le vécu concret du peuple qui l’a élu,les rois de droit divin,s’appliquent à pereniser les droits et devoirs en toute horizontalité ,justice et PaixEt pourtant, vient nécessairement un moment où l’artiste doit s’arrêter.
Non pas toujours parce que l’œuvre est parfaite, mais parce qu’il décide qu’elle peut désormais exister sans lui.
Cette frontière mystérieuse entre l’œuvre en devenir et l’œuvre abandonnée au regard de l’autre m’interroge profondément.
Car derrière l’artiste face à son œuvre, je crois reconnaître une autre figure : celle de l’initié face à lui-même.Nous aussi, nous travaillons une matière.
Cette matière, c’est nous-mêmes.
Et nous aussi devons accepter cette évidence : notre œuvre restera inachevée.
I — La matière et la forme
Avant l’œuvre, il y a la matière.
Pour le sculpteur, il y a le bois, la pierre, le marbre.
Pour le peintre, la toile.
Pour l’écrivain, la page blanche.
Pour le musicien, peut-être le silence.
Et pour le décideur républicain ou royal il y a cette pierre brute qui lui est symboliquement confiée.Lorsque nous la découvrons, elle est irrégulière, imparfaite, couverte d’aspérités.
Nous comprenons rapidement ce que l’on attend de nous : travailler.
Mais que signifie réellement travailler sa pierre ?
Est-ce supprimer nos défauts ?
Corriger nos comportements ?
Acquérir des connaissances ?
Apprendre à mieux écouter ?
À mieux comprendre l’autre ?
À nous comprendre nous-mêmes ?
Sans doute un peu de tout cela.Mais plus j’y réfléchis, plus une contradiction apparaît.
Si le but était réellement d’atteindre la perfection, il devrait exister un moment où notre travail serait terminé.Un instant où nous pourrions regarder notre pierre et déclarer :
« Voilà. Elle est achevée. Je n’ai désormais plus rien à apprendre sur moi-même. »Cette seule phrase paraît absurde.
Car celui qui pense n’avoir plus rien à apprendre vient peut-être précisément de révéler l’une des plus grandes aspérités de sa pierre.
Ainsi, le travail initiatique contient dès son origine une étrange contradiction :
nous devons tendre vers un accomplissement que nous savons pourtant impossible à achever totalement.L’artiste connaît exactement cette tension.
Il cherche une forme parfaite tout en sachant que cette perfection lui échappera toujours.
Et c’est peut-être justement cette distance entre ce qu’il imagine et ce qu’il parvient à réaliser qui nourrit son désir de continuer.
II — L’inachevé n’est pas nécessairement l’imparfait
Nous confondons facilement l’inachevé et l’imparfait.
Pourtant, ce sont deux notions différentes.
L’imparfait suppose un jugement.
L’inachevé suppose un devenir.Une œuvre imparfaite serait une œuvre qui n’atteint pas un idéal.
Une œuvre inachevée est une œuvre dans laquelle quelque chose reste possible.
Cette distinction me paraît essentielle.
L’histoire de l’art nous offre de nombreux exemples d’œuvres dont l’inachèvement apparent participe précisément à leur puissance.Chez Michel-Ange, certaines sculptures dites non finito semblent encore prisonnières du bloc de marbre. Des corps apparaissent, tandis que certaines parties demeurent prises dans la matière.
On pourrait croire que quelque chose manque.
Mais notre regard peut également comprendre exactement l’inverse : quelque chose est en train de naître.
Nous ne contemplons plus seulement une forme.
Nous contemplons son apparition.L’œuvre nous montre alors simultanément ce qu’elle est et ce qu’elle pourrait devenir.
Et cela change tout.
Car l’inachevé cesse d’être un défaut.
Il devient une tension.
Un mouvement.
Une promesse.Peut-être notre pierre brute doit-elle être regardée de la même manière.
Non pas comme la preuve de notre imperfection, mais comme la manifestation visible de notre possibilité de transformation.
Tant qu’une aspérité demeure, un travail reste possible.
Et tant qu’un travail reste possible, quelque chose demeure vivant.
III — L’artiste doit savoir poser son outil, le président et le roi aussi...
Mais une autre difficulté apparaît.
Si l’œuvre peut toujours être améliorée, quand faut-il s’arrêter ?
L’artiste connaît cette angoisse.
Encore une touche.
Encore une correction.
Encore un détail.
Encore une reprise.
Jusqu’au moment où vouloir perfectionner l’œuvre risque paradoxalement de la détruire.Il faut alors savoir poser l’outil.
Cette idée me semble également profondément initiatique.
Nous parlons beaucoup du travail et d’initiatives citoyennes...
Peut-être devrions-nous parfois parler davantage de l’arrêt du travail.
Il existe un temps pour frapper la pierre.Mais il existe également un temps pour poser le maillet.
Un temps pour agir.
Et un temps pour regarder.
Un temps pour parler.
Et un temps pour écouter.
Un temps pour chercher.
Et un temps pour accepter de ne pas savoir.
Car travailler sur soi ne signifie pas se corriger continuellement jusqu’à devenir prisonnier d’un idéal inaccessible.Peut-être faut-il également apprendre à reconnaître la forme qui est déjà là.
L’artiste ne crée pas nécessairement en ajoutant.
Le sculpteur, lui, crée en retirant.
Le politique,lui peut innover à travers ses discours et ses actions concrètes pour l’interêt suprême de nos peuples méritants...
Et cette idée me paraît particulièrement belle pour penser notre démarche.
Peut-être progresser ne consiste-t-il pas toujours à devenir davantage.Peut-être consiste-t-il parfois à enlever.
Enlever un préjugé.
Enlever une certitude.
Enlever une peur.
Enlever un jugement trop rapide.
Enlever cette étrange nécessité d’avoir raison.
Enlever, encore, ce qui nous empêche de rencontrer véritablement l’autre.
Et progressivement apparaît quelque chose qui était peut-être déjà présent, mais que nous ne savions pas voir.
IV — Brâncuși : finir une œuvre qui ne finit pas
Il existe une œuvre qui me semble exprimer admirablement ce paradoxe : la Colonne sans fin de Constantin Brâncuși.
Matériellement, cette colonne possède évidemment des limites.
Elle commence quelque part.
Elle se termine quelque part.Pourtant, par la répétition de ses modules, Brâncuși nous donne l’impression qu’elle pourrait continuer.
Encore.
Et encore.
Vers le ciel.
L’objet est terminé.Mais l’idée qu’il porte ne l’est pas.
L’œuvre est donc simultanément finie et infinie.
Et peut-être pourrait-on en dire autant du travail initiatique.
Nous sommes des êtres finis.Notre temps est limité.
Notre présence dans ce Temple de vie est limitée.
Notre existence elle-même possède une limite que nous connaissons tous.Mais l’œuvre à laquelle nous participons nous dépasse.
Le Temple symbolique que nous construisons n’a pas commencé avec nous.
Et il ne se terminera pas avec nous.
Nous sommes momentanément dépositaires d’un travail commencé par d’autres et destiné à être poursuivi par d’autres.
Cela modifie profondément la manière de considérer notre pierre,notre oeuvre...Je ne dois peut-être pas nécessairement la terminer.
Je dois la travailler suffisamment pour qu’elle puisse trouver sa place dans une construction qui me dépasse.
V — L’inachevé comme place laissée à l’autre
Cette réflexion m’amène à une idée qui me paraît essentielle.
Et si l’inachevé était précisément la place laissée à l’autre ?
Une œuvre totalement fermée ne demande rien à celui qui la regarde.
Elle affirme.
Elle impose.
Elle conclut.À l’inverse, une œuvre qui conserve une part d’indétermination sollicite notre imagination.
Elle nous oblige à entrer en elle.
À compléter.
À interpréter.
À questionner.L’inachevé crée un espace.
Et cet espace permet la rencontre,entre peuples arabo-africains et occidentaux..!
Ne pourrait-on pas appliquer la même idée à nos échanges en nous?Lorsque je présente mon texte, par exemple, est-il réellement terminé au moment où je le prononce ?
Je ne le crois pas.
À cet instant précis, quelque chose commence au contraire.Ma réflexion quitte celui qui l’a construite.
Elle rencontre celles et ceux qui l’écoutent.
Elle provoque parfois une adhésion.
Parfois un désaccord.
Parfois une interrogation à laquelle je n’avais moi-même jamais pensé.
Et c’est peut-être à cet instant que mon texte devient réellement divin,modestement..
Elle n’est plus seulement ma pensée.
Elle devient une matière commune.
Chaque Frère, chaque Sœur peut y apporter son propre regard.Ainsi, l’inachevé n’est plus une faiblesse.
Il devient une condition du dialogue,tant éspéré par nos peuples pour parfaire l’égalité,la paix ,la justice et le devellopement harmonieux de nos pays....
Pour accueillir la pensée de l’autre, je dois accepter que la mienne ne soit pas définitive.
Pour écouter véritablement, je dois accepter qu’il existe en moi un espace qui n’est pas encore rempli.
Pour recevoir, il faut nécessairement qu’une place demeure vide.
VI — Le palais inachevé
Nous travaillons à la construction du Palais
Mais quel serait ce Temple s’il était un jour définitivement achevé ?
Un Temple auquel il serait impossible d’ajouter une pierre ?
Un Temple dans lequel rien ne pourrait être déplacé ?
Un Temple parfaitement clos ?Peut-être deviendrait-il alors un monument.
Magnifique, sans doute.
Mais immobile.Or le Temple initiatique n’est pas un monument.
Il est un chantier.
Nous y entrons pour travailler.Et cette idée du chantier me paraît fondamentale.
Sur un chantier, tout n’est pas à sa place.
Il existe du bruit.
De la poussière.
Des outils.
Des pierres imparfaites.
Des hésitations.
Des erreurs parfois.
Des corrections souvent.Mais il existe surtout un projet.
Ce qui donne son sens au chantier n’est donc pas son imperfection présente.
C’est la direction dans laquelle travaillent ensemble les bâtisseurs.Peut-être en va-t-il ainsi de l’humanité elle-même.
Elle est terriblement inachevée.
Nous le constatons chaque jour.
Mais reconnaître cet inachèvement ne signifie pas renoncer à elle.
Cela signifie exactement l’inverse :
il reste quelque chose à construire.
VII — Et si nous étions nous-mêmes l’œuvre ?
Mais une dernière question demeure.
Depuis le début de cette planche, j’ai parlé de l’artiste et de son œuvre comme s’il s’agissait de deux réalités distinctes.
Et si cette séparation était une illusion ?Lorsque l’artiste travaille pendant vingt ans sur son art, est-ce seulement son œuvre qui se transforme ?
Lui aussi change.
Sa main devient plus précise.
Son regard évolue.
Ses exigences se déplacent.
Il découvre ses limites.
Il apprend parfois à les accepter.
Pendant qu’il façonne son œuvre, son œuvre le façonne.Alors peut-être en va-t-il exactement de même pour nous.
Nous croyons travailler notre pierre.
Mais notre pierre nous travaille.
Nous croyons construire le Temple.
Mais le Temple nous construit.
Nous croyons pratiquer un rituel.Mais, année après année, c’est peut-être le rituel qui agit silencieusement sur nous.
Alors une question vertigineuse apparaît :
qui est l’artiste et qui est l’œuvre ?
Sommes-nous les bâtisseurs du Temple ?
Ou sommes-nous la matière à partir de laquelle le Temple se construit ?
Peut-être sommes-nous les deux.
Conclusion — Poser les outils
Vénérable Maître, mes Frères, mes Sœurs,
Au commencement de cette réflexion, je pensais que l’inachevé désignait simplement ce qui n’avait pas été terminé.Je me demande aujourd’hui s’il ne désigne pas quelque chose de beaucoup plus essentiel :
ce qui demeure vivant.
Une pierre définitivement achevée ne réclame plus aucun travail.
Une pensée définitivement achevée ne supporte plus aucune contradiction.
Une œuvre définitivement fermée ne laisse plus aucune place à celui qui la contemple.
L’inachevé serait alors non pas le signe de notre insuffisance, mais celui de notre capacité à continuer.L’artiste travaille la matière.
L’humain travaille sa pierre.
Mais l’un comme l’autre finissent peut-être par découvrir que, pendant qu’ils croyaient transformer la matière, c’était également la matière qui les transformait.
Alors je regarde autrement cette pierre brute qui m’a été confiée.Je ne cherche plus nécessairement à savoir quand elle sera terminée.
Je cherche à savoir si chaque coup porté la rend un peu plus juste.
Un peu plus consciente.
Un peu plus libre.
Et surtout, un peu plus apte à rejoindre les autres pierres.
Car nous ne sommes peut-être pas ici pour terminer le Temple.Nous sommes ici pour le continuer.
Et lorsqu’un jour viendra le moment de poser définitivement nos outils, il restera certainement une aspérité sur notre pierre.
Une question sans réponse.
Une parole que nous n’aurons pas prononcée.
Une œuvre à poursuivre.
Alors peut-être notre véritable accomplissement ne sera-t-il pas d’avoir tout achevé.Il sera d’avoir suffisamment travaillé pour permettre à d’autres de continuer après nous.
L’artiste laisse son œuvre.
Le bâtisseur laisse sa pierre.
L’initié laisse une trace.Et l’inachevé devient alors non plus un vide, mais une invitation.
Une place laissée à l’autre.
Une porte laissée ouverte MARHABABIKOOM..!.
Une œuvre qui attend encore une main.Peut-être est-ce finalement cela, le propre de toute œuvre véritable :
être suffisamment achevée pour pouvoir être transmise,
et suffisamment inachevée pour pouvoir continuer à vivre , INCHAALLAH..!.

GAZA-IN GAZA-OUT..!
Lors de la présentation de cette toile dans une galerie parisienne,un regardant,les sourcils froncés,me dira,c’est vous qui avez fait cette toile?,ma réponse fut immédiate:non ce n'est pas moi,mais ceux qui ont ont broyé le droit humanitaire universel..!

Cette oeuvre à été vue pour la première fois à un évènement initié par la présidente de l’association ASLI,grande dame de la diaspora marocaine à paris, Seyda Moona Bennany événement filmé par la télévision marocaine 2M où je donne une courte interview pour présenter ma toile qui est en fait inspirée par le rôle du ROI,sa majesté MOHAMMED 6,Président du comité de la protection du patrimoine islamique d’AL QODS à JERUSALEM,cette toile est réservée à sa Majesté de ma modeste part,de cousin Chérif Semlaly, en attendant de lui offrir en mains propres.C’est ainsi une symphonie d’une diplomatie artistique et culturelle,entre frères et voisins,bénie soit-elle..!Mohamed Mael Aïnine Nema cherif SIDI ETHMANEMAELANC.COM